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Dans ma solitude américaine

Frédéric Lasnier
Frédéric Lasnier
Chief Executive Officer

 

Depuis qu’ont commencé mes aventures américaines il y a maintenant 6 mois, je dois répondre de temps en temps à des questions personnelles sur le sens que je donne à cette expérience.
Elles m’ont autant été posées par des quasi inconnus (2 fois des collègues américains, entrepreneurs au CIC), que quelque fois par des personnes beaucoup plus proches.

Pour ces dernières, elles sont souvent surprises, connaissant le tempérament grégaire de l’animal, de me voir me lancer assez seul dans cette aventure. « Pourquoi t’infliges-tu ça ? » m’a-t-on même demandé !

Tout d’abord, Boston et la Nouvelle Angleterre ne sont vraiment pas le pire endroit du monde pour vivre, comme le montre de temps en temps mon compte Facebook à ceux qui me suivent.
Ensuite, je suis aujourd’hui aidé sur place par une consultante locale au quart temps, Emmanuelle Fontaine, qui m’a beaucoup aidé, et m’aide encore, dans la construction des premiers succès. Et ils sont bien là ! Merci Manu.

J’ai absolument voulu cette voie très sobre pour la construction de cette filiale. A la différence d’autres expériences précédentes, je la sens comme une startup à part entière, même si elle s’intègre bien sûr au sein du Groupe.
Au fond, cette façon de procéder, très proche du mouvement Lean Startup est pour moi une sorte de rite initiatique personnel de l’entrepreneuriat américain qui n’a qu’un dollar en poche. Alors que Pentalog fait environ 30M$ de chiffre d’affaire, nous ne consacrons à la filiale américaine pour se développer que 15 000$/mois environ.
D’ores et déjà, environ 35 pentaloguiens travaillent au quotidien pour les US.
Ce budget alloué, très modeste au regard des résultats, nous permet en plus de ménager nos dépenses dans une année 2013 que nous avions annoncée comme difficile.

Quant à mes tous jeunes voisins du CIC, ils trouvent carrément extravagant que le patron d’une boîte de 700 personnes vienne s’asseoir auprès d’eux dans un co-working Space 🙂

Et je n’ai finalement aucune autre réponse à leur donner. C’est comme ça que j’ai voulu mon aventure américaine, c’est une démarche personnelle dans la Mecque de l’Entrepreneuriat. Je veux me prouver que c’est faisable avec peu de moyens. J’ai rencontré un gourou du Lean Startup en juillet qui m’a soutenu dans cette voie, que ça marcherait mieux. Je commence à croire qu’il avait raison.

La solitude qui en résulte certains soirs (car j’ai rencontré quelques nouveaux amis bien sûr !), en train de manger au comptoir des bars de Fenway ou de Back Bay, me pèse d’autant plus que je n’avais aucun entraînement à ça. Mais elle m’apporte aussi le moyen de jouir pleinement de cette rencontre avec cette Amérique brillante que l’on trouve dans le Massachusetts. Je me sens par moment littéralement bombardé par les questions qu’elle me pose. C’est aussi la première fois depuis très longtemps que je me retrouve face à moi-même. Ça dur, mais c’est bien 🙂

D’ici quelques mois, si ce que nous faisons à Boston fonctionne (derrière ce « nous », je pense aussi à Hélène, Emmanuelle, Anne, Alexandra, Sophie et Cosmina qui travaillent en Back Office), je serais amené à me poser la question de la transformation de l’expérience en véritable structure. Continuerons-nous dans une approche vraiment lean, mais plus robuste, ou passerons-nous carrément à la construction d’un équivalent de Pentalog France ? En tous cas, ce n’est qu’arrivé à ce type de tournant que progressivement ma vie reprendra son cours antérieur. A moins, bien sûr, que je ne sois alors déjà trop capté l’Amérique !

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