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Externalisation IT

Découverte du Tamilnadu

Frédéric LASNIER

CEO & Chairman (Founding Partner)

Cela fait maintenant cinq jours que j’ai rejoint l’état du Tamilnadu dans la fédération indienne. Quatre jours et pas le moindre article sur Pentablog. Etonnant non ? Je dirai bien, par convenance, que notre emploi du temps, ne m’en a pas laissé le temps. Mais serai-je totalement honnête ? Non, cette Inde aux saveurs et flaveurs si nombreuses, aux contrastes si violents, à la mousson si lancinante, cette inde là ne me laisse aucun répit, et sème devant moi des embuches constantes pour m’empêcher de me faire une idée.

N’y a-t-il d’ailleurs qu’une seule Inde qui regrouperait en son sein ces universités, qui, comme celle de Chennai, que nous avons visitée Alexandra et moi, envoie son propre satellite dans l’espace, la même qui définit un programme de production nucléaire ambitieux pour subvenir aux besoins de sa population en courant électrique mais qui présenterait aussi toute les caractéristiques du tiers monde le plus inacceptable ; des corps entassés par dizaines dans un coin abrité, seulement pour y dormir, ou des guirlandes d’ordures qui s’étalent indéfiniment le long des rues.

Dès que l’on parle de pays émergents, l’expression « société à deux vitesses » revient toujours. Elle paraît plus que jamais applicable en Inde ou l’on passe directement de première en cinquième. Entre les deux, rien. Rien ? Probablement pas, car les salariés de l’IT existent, ceux des banques et des opérateurs de télécoms également. Mais que représentent-ils exactement des plus d’un milliard d’indiens ? Deviennent-ils aujourd’hui, comme dans tous les autres pays émergents, une force politique, une classe moyenne ?

Aujourd’hui dimanche, j’ai passé un très agréable moment avec Jean Michel, consultant à Pondichéry pour les sociétés françaises, avec Cyril, Tamara et leurs filles Natacha et Cloé que je remercie pour la chaleur de leur accueil et l’échange que nous avons eu. J’essaierai d’ailleurs de revenir sur les activités de Cyril dans les jours qui viennent.

Ce que nous avons vu nous confirme que l’Inde n’est pas protéiforme. Non, elle est carrément plurielle. Les potentialités de son marché local sont inabordables à un esprit occidental car 10% de l’Inde accédant à une classe moyenne représenteront la population de la France et l’Allemagne cumulée.

Pour l’offshore… Je ne sais d’abord pas quand je pourrai publier cet article car le WIFI du resort au bord de l’Océan Indien ne fonctionne pas, how lucky we are 😉 et en cet instant précis, nous n’avons toujours pas vu Bengalore. Mais vous devez savoir, mes amis indiens qui nous accueillez avec gentillesse et ouverture, ce que les entreprises que nous voyons disent de vous. Je ne dénonce personne ici, je veux au contraire faire progresser la relation. Les plus grandes comme les plus petites n’hésitent pas à critiquer fortement votre niveau de productivité, parlant de rapport de « 3 indiens pour un français ». La qualité de la formation technique est également bien souvent remise en cause. Vous devez le savoir, pour améliorer encore votre offre.

Et vous, chers compatriotes, investissez-vous assez dans votre stratégies de réduction des coûts ? Investir dans la réduction des coûts ??? N’est-ce pas après tout, toute l’histoire de l’industrie ? Diminuer le coût, augmenter la qualité, par l’investissement dans la machine, dans la méthode et l’organisation ? Pourquoi en irait-il autrement lorsque vous parlez, si souvent, de l’industrialisation de vos services. Or, je vous vois bien peu nombreux, ici, à investir « vraiment » dans la formation et l’accompagnement. Bien peu, parmi vous, investissent dans les cours de langue, le coaching, ou transfèrent du personnel, déjà qualifié pour les opérations offshore, au moment où vous abordez l’Inde, dont tout le monde pourtant, et vous les premiers, reconnaissez la complexité. Que tous ceux qui ne se reconnaissent pas ici me pardonnent, c’est que je ne les ai pas rencontrés pour l’instant.

Jean-Michel, dans un tout autre métier, a évoqué, en contrepoint, le cas de Louis Vuitton, qui a lourdement investi dans la formation mais qui recueille aujourd’hui le fruit de ses efforts. Il n’y a pas de hasard.

Plus un pays est complexe, plus il est difficile à comprendre, plus il convient de l’aborder avec pragmatisme. Je crois que pour réussir en Inde, dans une relation avec la France, il faut commencer par admettre qu’en général, les collaborateurs indiens ne seront pas confrontés aux meilleurs locuteurs d’anglais au monde, que les indiens ne le sont eux mêmes pas forcément non plus. Il faut aussi tirer des enseignements, sans doute, de ce qui saute aux yeux, partout, dans le pays. Le beau, le fini, l’achevé n’existe nulle part. j’ai connu ça ailleurs, dans un pays que j’adore et dans lequel Pentalog est sur le podium national pour l’outsourcing et le consulting IT. C’est aux indiens et à leurs partenaires occidentaux de saisir ces questions de qualité, sempiternelles, mais tangibles et intelligibles, et de les mettre en perspective avec l’incompréhension et le trouble dans lequel je suis moi-même aujourd’hui, pour, peut-être, commencer à comprendre et à formuler des challenges à relever ensemble.

Si en lisant ce billet vous m’avez compris, c’est que vraiment je me suis mal exprimé.

Pondichéry, le 9 novembre, à 6H du matin.

 


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