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Freelances

Les freelances disent tout haut ce que les salariés du digital pensent tout bas

Frédéric Lasnier
Frédéric Lasnier
Chief Executive Officer

Ça fait bien longtemps qu’on le sait aux US, on ne quitte pas son contrat de travail parce qu’on veut gagner plus, mais parce qu’on ne se reconnaît plus dans les messages, les organisations, les rachats… de ces mastodontes égotiques et paranoïaques que sont les Fortune 500. Pire encore, on s’y ennuie… et personne n’aime s’identifier à l’ennui.

Alors il y a eu les startups web et beaucoup y ont vu une rupture de cette routine, le digital c’était la nouvelle frontière, la possibilité de faire de l’argent via les stock-options, dans une boîte que l’on construit. Une boîte différente.

Mais avez-vous vu ce qu’il se passe dans la Silicon Valley ? La crise morale des employés digitaux qui sévit, tant chez les géants que chez de plus petits ?

freelances et salariés

Fortune 500, startups : autrefois pépites, ces entreprises ne font plus rêver les salariés, qui les désertent de plus en plus. Cette tendance croise celle du freelancing qui elle, ne cesse d’augmenter. Le pouvoir serait-il en train de changer de main ?

Idéalisées hier, maudites aujourd’hui, les startups ne font plus rêver

Rien que ces dernières semaines, Uber (je sais que je tire sur une ambulance) licencie 435 personnes dans les équipes produits et dev. Kickstarter (une référence du point de vue du sens), licencie 2 ou 3 personnes qui entendent créer un syndicat. Uber (je tire maintenant sur corbillard VTC là) fait requalifier ses chauffeurs californiens en employés. Encore une belle charrette à prévoir, en milliers d’employés cette fois-ci. Google et ses problèmes d’inclusion, de respect de la vie privée et de collaboration avec le Pentagone, WeWork et son patron mégalo… je m’arrête là.

Devenu incontournable dans l’emploi des jeunes, banalisé et standardisé au possible (l’UX est désormais la même pour tous les produits), le digital ne fait plus rêver.

Quant à la quête de sens, il faudra repasser. Ma génération s’était enflammée pour la désintermédiation de l’économie et paf… tous les clients du monde se sont fait avaler par 3 boîtes seulement ! Et le Cloud pollue plus que l’avion !

Uber et Airbnb ont massacré la sharing economy et les plateformes, Deliveroo a simplement rétabli l’esclavage…

Quel projet pourrait bien choisir un employé pour s’y lier et s’y identifier si affinité ?

Comment s’étonner donc de la crise de croissance de la plupart de ces boîtes ? Elles churnent tout : les clients comme les employés, personne ne veut plus leur ressembler ni en tant qu’employé, ni en tant que client.

Je ne commanderai jamais rien à Deliveroo. Il casse mon rêve de startup. Trop ne pensent qu’à vivre du démantèlement des droits. Tu parles d’un progrès…

C’est là que je me dis que la crise de l’emploi salarié est très loin d’être terminée. Qui veut se retrouver prisonnier de projets aussi infects et voyants ?

Pour autant le développeur doit bien manger ! Alors il va bosser pour ces projets… mais avec un contrat qui le lie moins et qui n’aliène pas son image, son emploi du temps, le lieu où il travaille. Pour beaucoup ces points de contrat ne sont plus négociables. Les entreprises ne proposent pas assez sur le sens pour compenser.

J’avoue que c’est tout à fait paradoxal de se dire « pour me couper de ces boîtes, je vais renoncer à mes droits de salarié ». C’est pourtant ce qu’il se passe très concrètement aujourd’hui en Europe comme ailleurs, le nombre de freelances augmente chaque jour dans mon métier. Je ne sais pas si c’est bien ou non. Je crois juste que personne n’avait suffisamment compris que ces travailleurs-là ont un pouvoir de désaliénation que leurs aînés n’avaient pas.

 

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