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Stratégie

Lost in transition….

Bruno Jacquemin
Bruno Jacquemin
Partenaire

Ces derniers mois, on n’a jamais autant sollicité les PME/PMI au sujet de leur transformation digitale. Tous s’y mettent : pouvoirs publics, agences de communication, syndicats professionnels, chambres de commerce, SSII. Même Facebook et Google déploient toutes leurs forces de frappe pour les séduire et leur vanter les promesses d’un nouveau monde…

Car c’est comme cela que les choses sont présentées et vécues par les entrepreneurs : un nouveau monde de technologies multimédia, où virtuel et réel se confondent, où les frontières disparaissent, où les opportunités comme les menaces surgissent et disparaissent comme des corsaires, où les générations Z semblent imposer des comportements totalement différents… un nouveau monde finalement pas très rassurant, pour ne pas dire carrément inquiétant.

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Et pourtant l’injonction est là : Faites votre transformation digitale !

On peut comprendre aisément que, déjà confrontés à un marché de plus en plus exigeant et à des contraintes administratives ou fiscales répétées (malgré les discours), les patrons de PME se sentent perdus entre ces deux mondes : l’actuel se dérobe et avec lui s’évanouit la certitude d’un monde stable à défaut d’être parfait ; le nouveau émerge de la brume, comme les barbares qui surgissaient de nulle part pour attaquer les cités romaines, brutal, incertain, dangereux.

Ce climat, ce discours, cet imaginaire diffusé autour de ce « monde digital », parce qu’il stimule finalement des peurs et des dangers, n’est pas une incitation à l’action, bien au contraire….
Nos patrons de PME semblent donc, comme Bill Murray dans « Lost in Translation », hébétés dans un mouvement brownien, perdus entre deux univers, tétanisés face aux options à prendre.

Il est temps de changer la donne !

Si ce discours a tant d’impacts particulièrement en France, c’est qu’il utilise les ressorts classiques du progressisme technologique, dans un pays façonné par ses ingénieurs et dans lesquels les entrepreneurs sont d’abord des techniciens amoureux de leurs produits… D’une certaine manière les Anglo-Saxons vivent cela avec moins de complexe, plus de pragmatisme, plus de simplicité devant un objet certes inconnu mais qui n’a pas la même charge émotionnelle que chez nous.

Changeons donc d’angle d’attaque, et surtout démystifions, expliquons, illustrons, en changeant de regard et en prenant le recul nécessaire à l’analyse objective de la situation.

La transformation digitale dont il s’agit est moins celle des entreprises que celle du monde et de la société dans laquelle nous vivons, monde impacté par des changements multiples et simultanés d’une ampleur et d’une rapidité inédite et dans lesquels les technologies ont en effet un rôle majeur (nano/green/bio-technologies, génétique, information, connaissance, robotisation…). Et cela impacte nos comportements de citoyens, de consommateurs, de travailleurs et donc l’ensemble des parties prenantes de l’entreprises.

    Cela s’illustre par :

  • les attentes des clients (plus de services, plus d’attention, plus de réactivité)
  • les attentes des salariés (prise en compte de leur personne, de leur volonté de s’accomplir dans leur travail, de leurs exigences de relations humaines dans leur travail et du sens donné à la mission de l’entreprise comme à la leur)
  • les évolutions des processus de productions de biens et services qui transforment les structures de coûts ou de rendement et ouvrent des champs d’innovation quasi infinis pour la nouveauté.

Finalement des enjeux très classiques pour l’entrepreneur et auxquels il a l’habitude de faire face, étant naturellement focalisé sur la question essentielle du client : que veut-il, que puis-je lui apporter, comment optimiser ma réponse ?

Loin de la peur d’une menace invisible, la difficulté réside dans la complexité de saisir ces problématiques en même temps et avec efficacité. Se placer dans le bon paradigme, poser les bonnes questions, les aborder avec le bon état d’esprit (le mindset) et évidemment mettre en œuvre les bons outils.

Et parmi les outils, il y a évidemment le système d’informations, système nerveux de l’entreprise, facteur clé de sa performance tant de process que commerciale ou interne.

Cet ensemble de chantiers constitue en soi la « transformation digitale de l’entreprise » … Elle nécessite pilotage, plan d’actions, mobilisation collective, vitesse d’exécution et expertises multiples dans un délai plutôt court qui limite les risques, explore les possibles et dégage de nouvelles perspectives.

Au-delà de ces premiers travaux, ces projets conduits collectivement dans l’entreprise transforment profondément ses fondamentaux, créent une culture interne de l’innovation rapide et frugale, une adaptation permanente aux multiples et successifs challenges qui l’attendent.

C’est à ces conditions que l’entreprise peut s’engager résolument et avec un optimisme renouvelé dans sa « transformation ».


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