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Financement

Business angels de l’industrie logicielle, trouvez le bon équilibre !

Mihai Ciobanu

DIRECTEUR DE PROJET

industrie it et Industrie logicielle

Le top 3 des problèmes RH de l’industrie IT : la pénurie de bons spécialistes techniques, le manque d’enthousiasme, le manque d’idées générées de bas en haut

Au cours de mes 15 ans d’expérience dans l’industrie logicielle en Roumanie, j’ai vécu différents scenarios : implémentation de logiciels standard, outsourcing et développement de produits. Chaque système avait ses particularités, ses propres limites et ses avantages et moi je faisais mon chemin. Je continue dans cette voie, désormais en tant que Directeur de Projet chez Pentalog, à Orléans.

Durant toute ma carrière, les principales préoccupations des entreprises informatiques sont restées inchangées :

  • la pénurie de bons spécialistes techniques,
  • le manque d’enthousiasme de la part des nouvelles recrues,
  • le manque d’idées générées de bas en haut.

Cet article n’est pas une analyse du marché dans son ensemble, mais plutôt une rétrospective et des pistes à explorer sur les différentes manières d’éduquer les nouvelles générations.

Je veux seulement confirmer que chaque modèle de management que j’ai expérimenté dans l’industrie informatique réussissait à adapter doucement les nouveaux arrivants à la culture d’entreprise via des formations et les méthodologies de travail internes. Mais en les poussant, malheureusement, bien loin de l’archétype des gars à succès de la Silicon Valley. Ceux qui ont changé le monde avec leurs idées brillantes et simples à la fois.

Après avoir travaillé pour un logiciel ERP très connu, une solution au top sur le marché, les choses étaient très claires pour moi. Le but de tout ce monde-là était de vendre le plus grand nombre de licences possible. Tant que les services sont suffisamment bons pour que le produit fonctionne et que le client est satisfait avec les fonctionnalités existantes, tout baigne. Mais moi, ça ne me suffisait pas.

Le changement, moteur de motivation des développeurs

L’initiative et l’enthousiasme impliquent du changement et le changement n’est pas adopté avec plaisir par les vendeurs de technologie. Je me souviens de la réponse typique du management EMEA : montre-nous les clients intéressés par le changement pour qu’on puisse parler d’un bon cas de business.

Étant donné la faible puissance économique des clients roumains, ce niveau n’a été jamais atteint. Par conséquent, toutes les initiatives que nous pouvions proposer à ce moment-là, en tant que jeunes développeurs, ont été rapidement étouffées dans l’œuf. En fait, la plupart d’entre elles n’ont même pas vu le jour.

Que demander aux SSII qui font de l’outsourcing ? Rigueur, processus, vitesse et time to market

Dans l’outsourcing, les choses sont différentes à tous points de vue. J’ai découvert rapidement que les entreprises informatiques qui font de l’outsourcing sont les plus avancées en termes de rigueur, processus, vitesse et time to market.

Cette option pourrait s’avérer être le meilleur type d’école « retournez avec les pieds sur la terre » pour les rêveurs. Les livraisons rapides, correctes et de qualité sont un mécanisme fin qui pousse tout le monde à évoluer rapidement. Et cela implique que tout le monde doit investir du temps. Donc qui a encore du temps pour trouver de nouvelles idées en dehors des projets sur lesquels nous sommes assignés, de créer de choses à partir de zéro ? Toutes les bonnes idées aident le projet en cours et pas la vie en général.

Évidemment, le développement de produits devrait être le lieu idéal pour les nouvelles idées. C’est l’endroit où l’imagination et l’inspiration devraient donner naissance à une nouvelle étoile. Mais que se passe-t-il quand les idées viennent du promoteur et elles sont dictées par des raisons économiques très strictes ? Qu’arrivera-t-il si toutes vos initiatives sont supprimées du board à la fin de chaque réunion ? Ou si tout se résumait à l’exécution ?

Trois modèles, aucun d’entre eux n’encourageant les idées spontanées. L’initiative pourrait être au mieux orientée vers l’amélioration des opérations, faire plus avec moins, ou l’efficacité globale. C’est bien, assez utile, obligatoire pour la réussite, mais probablement pas suffisant.

En Roumanie, presque tout jeune diplômé souhaite devenir développeur

Certains diront que rien ne me satisfait. Peut-être qu’ils ont raison. Mais ils ne voient pas que dans un pays où presque tout jeune diplômé souhaite devenir développeur, il n’y a presque aucune application logicielle sur le marché roumain. Il existe toutefois des exceptions, mais elles restent simplement cela : des exceptions.

Encore une fois, si on regarde vers la Silicon Valley, les business angels semblent être la solution salvatrice, prêts à financer les initiatives apparemment sans aucun but immédiat ou provocateur de stress. Il y a des business angels en Roumanie, mais le concept est en quelque sorte déformé, comme plein d’autres choses dans une économie émergente. La prudence excessive et l’appétit insuffisant pour les risques signifient que les chances d’identifier des initiatives vraiment folles et changeuses de vie restent cachées pour finalement disparaître.

Comme romania-insider.com l’affirme : « Le chiffre d’affaire dans l’industrie logicielle et le secteur des services IT en Roumanie a augmenté de 21% l’année passée par rapport à l’année précédente, en atteignant 3,08 milliards d’euro…. Le marché est toujours dominé par l’export, qui représentent deux tiers (67%) du chiffre d’affaire du secteur entier. Les exports de services IT et logiciels ont atteint 2,09 milliards d’euro l’année passée, en hausse de plus de 31% par rapport à 2014.

Cette année, on s’attend à des exports de 2,5 milliards d’euro, soit plus du double par rapport à la valeur enregistrée il y a quatre années. Selon ANIS (l’Association patronale de l’Industrie des Logiciels et des Services de Roumanie), les exports peuvent atteindre 4 milliards d’euro en 2019. »

Ce sont de très bonnes nouvelles pour nous tous, du point de vue financier, économique etc. Mais cela signifie aussi que l’industrie va absorber de plus en plus de personnes capables de livrer et une autre longue liste d’initiatives personnelles sera laissée de côté.

La Roumanie a besoin de business angels et pas seulement d’incubateurs de talents, d’académies et de summer schools

Bien que cela puisse paraître utopique, j’aimerais voir de plus en plus d’entreprises informatiques jouer le rôle de business angels, comme Pentalog avec son incubateur et accélérateur Pentalabbs. Je ne parle pas seulement d’incubateurs de talents, d’académies et de summer schools.

Je suis d’accord qu’à court terme cela contrecarre leurs propres objectifs. Pourquoi une entreprise informatique qui gagne 100 millions d’euros par année devrait-elle investir dans disons 5-10 startup qui génèrent quelques dizaines de milliers d’euros par année ? Le résultat possible à court terme n’est pas du tout significatif pour leurs revenus et il aura un impact direct et négatif sur leur processus de recrutement. 10-20 programmeurs intelligents peuvent générer entre 1 et 1,5 millions d’euros sur le marché européen sans aucun effort commercial. Mais l’idée d’avoir une opportunité de quitter un projet pourrait dynamiser plus de 20 programmeurs : la plupart d’entre nous aspirent à créer quelque chose de nouveau. Sans mentionner le filet de sécurité de pouvoir se retourner si les choses se passent mal avec leur startup.

Spécialement quand le reste des SSII doivent recruter parmi des employés non-motivés et non-énergiques. Donc le secteur du recrutement pourrait en être le premier bénéficiaire à la fin.

Qui sait ? Peut-être qu’à long terme tout ça aidera la Roumanie, un moteur du développement IT en Europe, à rester compétitive à tous niveaux, pas seulement en outsourcing IT, mais aussi comme un laboratoire vivant des technologies qui vont changer nos vies.


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