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Externalisation IT

L’Europe de l’Est, une étape sur la route du reshoring ?

Frédéric Lasnier
Frédéric Lasnier
Chief Executive Officer

Pas de doute, que ce soit en Inde, au Maghreb ou dans une moindre mesure en Europe de l’Est et en Chine, l’outsourcing offshore et nearshore de prestations d’ingénierie informatique s’approche à très très grande vitesse de la maturité. Très récemment le NASCOM, le syndicat des SSII indiennes mentionnait qu’il ne s’attendait pas à plus de 10 à 15% de croissance cette année, malgré la dynamique du marché local et la reprise des US. En y regardant de plus près, on s’aperçoit aussi que la croissance d’Infosys est descendue beaucoup plus bas que ça ces derniers trimestres. Il n’en a pas fallu plus que ça pour que certains observateurs commencent à parler de reshoring, même si à 20% de croissance, l’ITO a encore de beaux jours devant lui.
Autre illustration de ce mouvement, le Nascom prévoit une stabilisation du turnover et du salaire des débutants.

Cette évolution vers la maturité du marché est également à l’œuvre à l’Est du vieux continent mais dans un mouvement différent. L’Europe de l’Est reçoit de plus en plus de projets qui, ayant échoué en Inde ou en Extrême Orient reviennent vers leurs origines occidentales mais s’arrêtent en chemin en Pologne, en Ukraine ou en Roumanie. Certains d’entre eux y resteront durablement d’autres non.

Combien de temps pourront rester les projets de supports orientés métiers ?
Les premiers à être rattrapés par des problèmes de coûts et de marges pourraient bien être les nombreuses plateformes dédiées aux métiers de banque de détail qui ont fleuri un peu partout ces 3 dernières années à l’Est de l’Europe. Comment s’imaginer que ces outsourcing ont une chance véritable de durer dans une Europe occidentale durablement en crise, et dont les coûts baissent rapidement dans ces métiers ? Les clients abandonnent des équipes bien formées et abondantes (on ne parle pas de développement  pour des régions qui ne peuvent en aucun cas rivaliser ni en niveau de formation ni en volume de collaborateurs). Le client outsource un volume important d’activité, dans un niveau de technicité faible et entend donc obtenir une réduction du coût global très importante. Je connais des cas britanniques et italiens. Dans des pays vivant des crises aussi globales, je pense que la tentation du reshoring ne mettra pas longtemps. D’après mon évaluation, l’environnement technique (dont les coûteux softs métiers), le management (dont le front à l’Ouest), la formation et le coût commercial pourraient largement dépasser les 2000€ par mois par poste outsourcé. Je pense m^me qu’il peut atteindre 3000€ en début de cycle. Je crains fort que ce chiffre soit inférieur de moitié en province britannique, italienne, française ou allemande, et avec des collabs déjà formés, permettant une roadmap beaucoup plus courte et certaine. Pas de doute également que des pays en recherche d’emplois et de croissance mettent au point des facilités administratives et fiscales dans les années à venir. Les US montrent la voie en la matière et le reshoring y est nettement plus rapide qu’ailleurs.

Des marges en forte baisse
Dans toute l’Europe de l’Est, dont la Roumanie, nous constations depuis un moment une tendance à la réduction des marges. Les entreprises les moins performantes, en support ou dev de bas de gamme, tournent autour de 5%. Ils sont désormais très peu nombreux à dépasser les 20. Les cas que je connais correspond soit à des situations conjoncturelles risquées (peu de clients qui payent bien), dans une entreprise disposant d’une capacité de commercialisation inexistante ou faible et d’un management strictement local. D’autres, utilisent au-delà de la légalité les possibilités du travail indépendant ou les paradis fiscaux. Ce genre de conjonction favorable ne peut pas durer.
Pour tous ceux qui respectent pleinement la règle du jeu, le résultat opérationnel se situe entre 5 et 15 points, en baisse de 50% en 5 à 7 ans. La croissance de la plupart des opérateurs conséquent est passée sous la barre des 10%. Là encore, il faut y voir une preuve de la maturité nouvelle du marché.

L’Europe de l’EST est adaptée aux vraies activités de développement…

…tout d’abord parce que c’est dans la formation technique que ces pays excellent le plus. Par ailleurs, les projets très ambitieux qui sont arrivés ces 10 dernières années ont créé un vaste écosystème au top en Java, Dotnet, sur les plateformes Open Sources et dans le mobile. Des illustrations de la meilleure efficacité des stratégies de développement par rapport au support ? Cap Gemini malgré, sa puissance, végète dans le support à Iasi, tandis qu’Alten s’est développé beaucoup plus vite en développement à Bucarest. Je ne veux pas parler de Pentalog 🙂
Sur ces métiers, le reshoring mettra plus longtemps, du fait du manque de hardskills à l’Ouest qui maintient un coût élevé sinon croissant.

Nombreuses sont les majors de l’Ouest à avoir compris que l’Est de l’Europe propose un outsourcing mix idéal pour la technique pure et tentent l’aventure. Ils viennent y chercher de meilleures marges et des capacités. Elles veulent retrouver le paradis perdu des 10% d’Ebit. Elles se heurtent sur le terrain au problème de la création d’équipes dans des pays en pleine pénurie eux aussi. Alors ils se lâchent, font exploser les salaires de leurs premières équipes ou de toute ressource permettant de lancer un nouveau projet… alors qu’ils ne pourront pas les maintenir par la suite, entraînant un sentiment d’injustice bien naturel dans les effectifs. Les équipes de management locales ne savent pas toujours expliquer la situation à leurs équipes et finissent par leur raconter n’importe quoi. Au final cette implantation de nouveaux acteurs de l’Ouest fait également baisser les marges. Elles ne trouveront pas à l’Est la solution à leur problème de rentabilité, maturité oblige. La solution est ailleurs, j’ai ma théorie.

Pentalog a réussi à rester en première division, en faisant grimper la satisfaction client et le niveau de l’offre mais nous savons qu’il nous faudra déployer pas mal d’originalité pour y rester. Nous réfléchissons également à utiliser notre expertise de portage de projet offshore pour monter une offre française de re-shoring à Orléans, avant d’envisager de le faire en province allemande. Nous avons d’ores et déjà reçu une première demande. Je pense aussi que c’est dans la variété et l’originalité du portefeuille de destinations (l’outsourcing mix), dans l’excellence des processus de pilotage et de portage que se construira la valeur d’un opérateur dans les années à venir. L’offshore, le nearshore et l’onshore pourraient désormais devoir cohabiter avec le reshore.

 

 

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