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Développement front-end, back-end

L’e-Commerce, l’automobile et… rien

Pierre Peutin
Pierre Peutin
Marketing Automation, CRM & Data Specialist

A la veille de l’ouverture du salon de l’automobile à Paris, les débats font légions sur l’avenir de ce secteur qui n’est pasau plus haut de sa forme. Il est beaucoup question de compétitivité, de dynamique du marché et d’innovations. Toutefois, il y a une innovation qui tarde à pointer le bout de son nez c’est l’eCommerce dans la vente de véhicules neufs.

Un secteur pourtant innovant avec des sous traitants qui ont une longueur d’avance

Aussi étrange que cela puisse paraitre, les constructeurs automobiles sont souvent à la pointe de la technologie, même si on pourrait toujours faire mieux avec plus d’ambitions : des nouveaux moteurs plus performants et toujours plus écologiques sont régulièrement mis sur le marché, les sites internet rivalisent au niveau design avec des configurateurs très bien pensés où l’on peut choisir le modèle, la couleur, les options, bref, concevoir le véhicule de nos rêves mais… ca s’arrête là. La dernière étape n’est souvent pas disponible, c’est-à-dire que l’on est obligé de se rendre en concession pour finaliser l’acte d’achat.

A contrario, je trouve que les sous traitants ont une réelle longueur d’avance sur ce point. Les sites eCommerce de vente d’accessoires sont très nombreux, ceux de vente de pièces détachées se développent et les sites de vente en ligne de pneumatiques sont présents depuis déjà plusieurs années la toile et ont tissés un réseau de partenaires pour le montage qui touche pratiquement tout le territoire français. Pentalog a d’ailleurs collaboré il est y quelques années avec l’un d’entre eux, le site AZ Pneus.fr, probablement l’un des pionniers en la matière. Je ne parle pas ici des sites de petites annonces, en particulier des pure-player comme Leboncoin.com qui ne vivent qu’à travers une forme d’eCommerce depuis plusieurs années. Ils ont toutefois la même problématique dès lors qu’il s’agit de montants conséquents.

Pourquoi l’eCommerce pour la vente de véhicules neufs ne perce pas en France ?

C’est précisément la question que je me suis posé. Je pense qu’il y a plusieurs pistes de réponse.

Le paiement

Tout d’abord, il y a le problème du paiement. Les solutions de paiement actuelles que l’on trouve en France (je précise le pays car ce n’est pas la même chose chez nos confrères européens) sont majoritairement des solutions à base de carte bancaire. Avec un plafond de paiement qui est limité à 5000€/mois pour une carte Premier, qui est déjà une carte de milieu de gamme, il parait évident que payer son véhicule en ligne est impossible. Reste les transferts de fonds, autrement appelés virements. Là encore, s’il est possible d’émettre un virement à destination d’un compte tiers, sous réserve de validation de la banque pour des montants aussi important, il restele problème de la réception du virement par le vendeur qui prend au minimum 24h. Cela sous entend que l’acte d’achat doit avoir lieu à minima en deux temps. Ce n’est pas habituel pour un achat en ligne. Il faudrait donc qu’il y ait un tiers de confiance (la banque elle-même ?) qui assure l’approvisionnement du compte et garantie au commerçant le bien fondé de la transaction, à la manière d’unchèque de banque. Il y a donc ici encore quelques innovations à industrialiser pour dynamiser ce marché.

La négociation commerciale

L’un des attraits lors de l’achat d’un véhicule neuf, c’est la négociation commerciale avec le vendeur. Il est de plus en plus rare de voir un acheteur payer le prix catalogue pour un véhicule neuf. Je ne parle même pas des sites de distributions en ligne comme AramisAuto.com ou auto-ies.com qui proposent d’entrée de jeu des remises exceptionnelles. Il est vrai que négocier avec un commercial en face à faceest tout de même plus facile que négocier avec un site internet !

Ici se posent donc deux problèmes : tout d’abord, une fâcheuse habitude à vouloir négocier le prix du véhicule, et ensuite, une tendance marquée à ne jamais vendre un véhicule au prix catalogue, ce qui sous entend ici que les prix catalogue ne sont pas des tarifs négociés au plus juste.

Les démarches administratives

D’autre part, il est plus intéressant pour un constructeur de faire venir l’acheteur dans son luxueux garage afin d’essayer de lui faire découvrir un modèle supérieur ou des options supplémentaires, plutôt que de le laisser se débrouiller tout seul derrière son écran à essayer de décrypter les packs qui sont proposés.

Même si depuis 5 ans l’administration française s’est considérablement tournée vers internet, certaines démarches me semblentencore difficilement automatisables. Je pense ici à toutes les démarches qui succèdent à la vente du véhicule, si tant est que l’on arrive à l’acheter en ligne, à savoir l’immatriculation, l’assurance, etc. Hormis les problèmes de fraudes qui pourraient tenter certains malfaiteurs, le problème d’identité de la personne va très vite se poser. Mais c’est encore une fois un faux problème car il existe des solutions très simple aujourd’hui que l’administration fiscale maîtrise à la perfection.

L’essayage, la prise en main

L’assurance sera sans doute le point qui posera le moins de problème car les compagnies d’assurance sont depuis longtemps présentes sur internet et il est très simple de souscrire un contrat de manière totalement automatisée sans avoir à faire à un agent.

Acheter un véhicule c’est avant tout l’essayer. Quel plaisir de se retrouver au volant d’un bolide, on sent le véhicule, on découvre petit à petit toutes les options, on est surpris par le confort… Toutes ces émotions qui sont souvent déclencheuses de l’achat ne sont bien sur par perceptibles à travers un site eCommerce, malgré les photos, vidéos et publicités qui suscitent l’intérêt… d’essayer !

Encore une fois, je pense que cela est un faux problème. C’est un petit peu comme pour un vêtement, si l’on sait ce que l’on veut, alors on peut sans problème l’acheter en ligne. Il est d’ailleurs fréquent d’aller en boutique essayer un vêtement pour ensuite rechercher la meilleure offre sur internet afin de l’acheter.

Est-ce pour autant impossible ?

Techniquement, tous les ingrédients de la recette pour faire un bon site eCommerce sont là. La réponse est donc non, ce n’estpas impossible. Même la livraison n’est pas réellement un problème dans le sens où habituellement les objets commandés en ligne sont soit livrés directement chez soi, soit retiré en point relais. Et bien là, c’est exactement la même chose : on pourrait retirer savoiture en point relais. Cela se fait déjà pour les sites de vente cités ci-dessus.

En fait, je pense qu’il faut simplement bien encadrer ce marché afin d’éviter au maximum les arnaques et fraudes en tous genre et pour cela, rien de mieux que s’entourer de personnes qualifiées et expertes dans leur domaine comme les experts de Pentalog Institute pour bien structurer et sécuriser le projet.

Le seul point qui mérite, à mon avis, toute l’attention est la sécurité (sécurité des transactions financières, sécurités entourant les documents administratifs).

Alors peut-on espérer à court terme pouvoir changer de voiture en ligne ?

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