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Stratégie

Le réseau électrique français deviendra-t-il réellement « smart » en 2018 ?

Mickaël Hiver
Mickaël Hiver
Revenue Manager Europe & Asia

Un réseau d’énergie électrique est découpé de la manière suivante :
○ La production d’énergie : centrales nucléaires, centrales hydrauliques, centrales thermiques, fermes éoliennes, fermes photovoltaïques
○ Le transport : le transport de l’électricité est découpé en Très haute tension, Haute tension, Moyenne tension et basse tension (BT)
○ La distribution : la vente de l’électricité aux usagers/consommateurs
○ Les services aux usagers/consommateurs (et aussi aux producteurs) : l’ultime partie du “Smart Grid” qui doit offrir un meilleur suivi des consommations en vue d’optimiser celle-ci.

Un réseau “smart” est un réseau communiquant (dans les 2 directions producteurs vers consommateurs en passant par le transport) et qui offre de nouveaux services (optimisation de la production/consommation, autorégulations, supervision, …). Ce “Smart Grid” permet de résoudre certaines problématiques de gestion des réseaux comme les crêtes de consommation, la demande d’effacement de la consommation en cas de sous production, le fait que les énergies renouvelables soient intermittentes. Il amène aussi des gains comme l’automatisation du suivi, la possibilité de faire une tarification au réelle, la réduction du coût de maintenance (éviter des déplacements inutiles aux camionnettes bleues.
D’après Jean-Marie BERNARD (ErDF) et Olivier JEHGL (EDF), lors de la conférence organisée par ASPROM le 06-07/04/2011 sur la convergence énergie/télécom, la production et le transport jusqu’au poste de transformation Basse Tension sont déjà “smart”. Mais comme pour la boucle locale Télécom, ce sont les derniers kilomètres qui ne le sont pas “smart”. En effet pour le rendre “smart”, il faut équiper les 35 millions de foyers Français d’un nouveau compteur intelligent, capable d’interagir immédiatement et de communiquer des informations comme recevoir des ordres ou des informations tarifaires.
Ce compteur intelligent s’appel LINKY. Il embarque un compteur électrique relié à un module de supervision communiquant en CPL (uniquement avec ErDF), un port USB en façade, et peut accueillir un module de communication supplémentaire (radio fréquence, GPRS, …). Veuillez noter le “peut accueillir” car pour l’instant cet emplacement sera vide. De jeunes startup comme des géants sont prêt à remplir ce vide et ainsi offrir des services principalement dans la supervision de la consommation et son optimisation. Cela devrait faire réellement démarrer le marché du “smart home” (la domotique 2.0).

En bref, technologiquement nous sommes prêt.
Un test de 300 000 compteurs LINKY est en cours sur Lyon et Tours. Les premiers évènements ont été remontés par ce nouveau réseau Machine to Machine (M2M) : un défaut sur la ligne entre le compteur et le poste BT a été remonté par le compteur, ce qui a permis une action ciblée et rapide.
ErDF est en attente du GO des pouvoirs publics pour déployer les 34 millions de LINKY avant fin 2018, à une cadence de 30-35000 par jour.
Pourquoi les pouvoirs publics ? Parce que le Smart Grid nécessite d’être poussé par les pouvoirs publics et les institutions (EU). Les investissements nécessaires étant très importants, ils ne se feront que s’ils sont “obligés” par les lois/normes. L’UE demande a ce que le réseau électrique Européen devienne “Smart Grid” pour 2018.
Qui dit pouvoirs publics dit décision politique, et là, la prise de décision peut prendre beaucoup de temps (le gouvernement doit trouver le meilleur créneau de communication entre l’actualité du moment et les présidentielles pour maximiser l’impacte de cette décision).

D’où ma question : Est ce que notre infrastructure sera prête pour 2018 ?


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