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Guerre des Talents IT : le Leadership Agile du CTO et de l’Amiral

Cornel Fatulescu
Cornel Fatulescu
Chief Platform Officer

Il y a quelques jours à Paris se tenait un événement comme je les aime. Le Before de Tech.Rocks, une rencontre avec mes pairs en technologie, plus jeunes ou plus vieux, de petites entreprises ou de grosses licornes. J’ai eu la chance d’y intervenir, en compagnie de Loïc Finaz, ex-Amiral de la Marine française, ancien directeur de l’Ecole de Guerre, spécialiste des questions de recrutement, de management et de leadership. Ensemble nous avons comparé nos visions pour “Gagner la Guerre” des talents IT à travers le leadership Agile. Je résumerais ma vision en six points.

leadership agile

1. “Legacy”, penser aux suivants…

Contrairement au football ou au jeu de dames, le business est un jeu infini. Les règles changent en permanence, les durées sont mouvantes, les adversaires surgissent de n’importe où et les conditions extérieures, par milliers, influent chaque minute sur chacune des décisions. Dans ce contexte, le CTO doit mettre son expertise au service d’une technologie durable. Il doit tout penser pour garantir à la fois l’adaptation totale aux mutations et la longévité du système qu’il contribue à créer. Expliquer et documenter son œuvre pour l’avenir est un garde-fou contre le risque de personnalisation risquée des choix. Penser à son héritage modifie du tout au tout sa position dans le groupe. Le CTO fonde son leadership sur le partage, la conscience des risques et la préparation de l’avenir. Il doit être l’anti star, au service du projet.

2. Limiter le nombre de décisions

Confronté à la fois à l’accélération permanente des mutations technologiques et à la pression des objectifs de croissance, le CTO se trouve bien souvent obligé de prendre une décision par minute. Le revers de la médaille est bien entendu une perte progressive d’efficacité, une distance prise sur la “big picture” : il se transforme en super pompier. Pour éviter cela, l’apprentissage de la délégation, au cœur de l’organisation agile, est un pilier de l’affirmation de son leadership. Non seulement il montre la confiance qu’il porte aux équipes, mais il se libère du même coup des tâches non essentielles. Prendre moins de décisions pour se concentrer sur les décisions critiques, ce n’est pas simple mais c’est capital, et c’est une preuve de maturité.

3. Revoir sa stratégie de contrôle

Mon fils de trois ans, alors que je lui donnais sa douche du soir, m’avoua qu’il avait désobéi et qu’il n’avait pas fait sa sieste après le déjeuner. Sur le moment, habitué à un système éducatif vieux comme le monde, je lui ai dit que j’allais être obligé de le punir. Il me répondit qu’il ne me dirait plus jamais la vérité. Ce jour-là, sa réponse agit sur moi comme un révélateur. Je réalisai alors que dans ma méthode de management et de contrôle, j’avais jusqu’à maintenant construit mon leadership sur la peur et le résultat. Une méthode qui m’avait éloigné de mes équipes. Je constatai en creusant un peu que tout le système s’était organisé pour me cacher la réalité, pour éviter les sanctions. Je décidai alors de changer du tout au tout. En mode agile, on valorise le droit à l’erreur et l’échec n’est qu’un élément du parcours. Facile à dire, pas simple à admettre, mais c’est pourtant une étape clé dans la structuration de son leadership.

4. Automatiser le recrutement de ses équipes

La clé d’une équipe efficace et fluide tient en premier lieu à la qualité du recrutement. Nombre de CTO s’impliquent corps et âme dans le processus, d’autres délèguent l’ensemble, la plupart font ce qu’ils peuvent dans le temps qu’ils ont. Pour remédier à cette instabilité, je préfère les datas. Chez Pentalog nous avons créé SkillValue Insight. Un algorithme qui analyse des dizaines de milliers de candidats, des centaines de milliers de tests passés, et fournit un score basé sur les critères essentiels : les Hard Skills, les Soft Skills, le niveau d’anglais et la qualité de l’expérience. Dans un marché pénurique, on ne peut plus se permettre de se tromper à l’embauche, ou alors il faut le faire vite. Pour gagner du temps et assoir son leadership, il faut imposer ses curseurs et éliminer les candidatures inadaptées. Il faudra toujours passer des entretiens, mais en ayant filtré de façon rationnelle et mesurable les candidatures erronées.

5. Garantir la “répétabilité”

Penser l’avenir, déléguer, mieux contrôler, recruter rapidement… et rendre l’ensemble reproductible. Toute stratégie est inutile si elle est conjoncturelle. De la même façon qu’on doit toujours agir en pensant à l’après, on doit aussi œuvrer pour limiter les tâches inutiles. Quand une méthode est bonne il faut la partager, la formaliser, la diffuser et la mettre à jour. Nous avons créé des “Maturity Models” accessibles à tous (et bientôt en open source), pour que les meilleurs pratiques soient connues et utilisées par le plus grand nombre. L’idée est de gagner du temps, de l’énergie et de se concentrer sur le cœur de ses décisions. Le leadership n’aime pas les process inutiles : cela gâche la parole et le temps dédié à la stratégie. La répétabilité est un objectif en soi ; elle est le lit sur lequel peut couler un leadership apaisé.

6. Formuler une mission enthousiasmante

Pentalog a vécu 26 ans sans mission. Pourtant le moment est venu ! Tout le monde dans le Groupe en ressent non seulement la nécessité mais le besoin. Un monde tendu, une perte de repères, une quête de sens : l’entreprise elle aussi doit grandir et se donner des ambitions plus hautes que la seule performance financière. Nous sommes aujourd’hui en train de travailler le message, mais sur le fond nous nous sommes mis d’accord sur l’envie d’un “Positive Tech Impact”. Que notre activité permette à nos clients non seulement de délivrer des produits digitaux orientés business, mais aussi de le faire dans le respect d’un certain nombre de belles valeurs. Le futur du leadership passe par une remise à plat des méthodes et des engagements. C’est ce que nous faisons aujourd’hui et j’en suis particulièrement heureux.

Le leadership vu par l’Amiral Loïc Finaz.

Ancien directeur de l’École de Guerre, ayant commandé des bâtiments prestigieux et recruté plus de 4000 candidats par an, Loïc Finaz est aujourd’hui consultant en management et leadership. Il nous livre sa vision.

  • Le leadership est une notion collective qui repose sur l’autonomie et de la solidarité des uns et des autres, l’équilibre entre les fonctions de chacun et la responsabilité de tous, la bonne utilisation simultanée des organisations verticales et horizontales de l’entreprise… Bien plus que les qualités individuelles du chef tout seul.
  • On ne peut être chef sans avoir compris que l’action s’inscrit entre quatre points cardinaux : la mission, le sens qu’elle a ou qu’il faut lui donner, les circonstances dans lesquelles elle s’inscrit, et les hommes avec qui on l’accomplit.
  • Les rôles d’une organisation sont d’offrir une place à chacun (ce qui structure, corsette, protège et permet de tenir quand le choc arrive) ; de permettre la délégation (condition sine qua non de la rapidité de réaction dans les situations complexes) et de libérer le chef (pour qu’il puisse préparer le coup suivant, donné ou reçu) ; de suppléer au flou de la mission, à l’absence de sens, à la carence des chefs.

En conclusion je dirais que la guerre des talents nous oblige tous à élever notre niveau de jeu, à comprendre les attentes des nouvelles générations IT, à revoir les méthodes de management et à surtout repenser la notion d’humain dans le travail. La comparaison avec l’armée est intéressante car comme le dit l’Amiral Finaz, il n’y a pas plus Agile que l’armée, qui met tout en place en permanence, discipline et délégation, pour permettre la prise d’initiative dans les moments clé. L’organisation Agile est à ce jour la meilleure solution pour installer la confiance, l’autonomie et la responsabilité des individus ; grâce à un leadership plus humain qui permet à chacun de se développer comme il l’espère.
 
Pour en savoir plus sur nos façons de recruter, visitez la page SkillValue Insight.

Vous pouvez aussi retrouver la vision de l’Amiral Finaz dans le Pentalive spécial “Recrutement” en compagnie de Frédéric Lasnier, le CEO de Pentalog.
 
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